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Le Vice

Année 1979
Technique Huile au pinceau
Dimensions 50 × 70 cm
Statut Non disponible à la vente

Le Vice d’Aly Mohsen Abdel aborde le thème de la fragilité morale et de l’indifférence des adultes. Dans une scène urbaine nocturne, un enfant pleure sous un lampadaire tandis que des figures fragmentées et des symboles du vice émergent de l’ombre. La lumière de la bougie devient un signe d’espérance et de rédemption, transformant le tableau en une réflexion profonde sur la frontière entre culpabilité, compassion et humanité.

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Description

Dans Le Vice, Mohsen Abdel réalise une œuvre d’une grande intensité émotionnelle et symbolique, capable de s’adresser directement à la conscience du spectateur. La scène se déroule dans un environnement urbain nocturne : un enfant en pleurs est assis sur un trottoir, recroquevillé au pied d’un lampadaire. Figure fragile et silencieuse, il devient le centre moral du tableau. Au premier plan apparaissent les jambes d’une femme portant des bottes blanches et une minijupe, présence anonyme et fragmentée qui évoque le monde des adultes, le vice et l’indifférence.

À l’arrière-plan se distinguent plusieurs éléments fortement symboliques : un verre, des lèvres, des yeux et une bougie allumée. Cette dernière éclaire trois sphères lumineuses, référence évidente à l’espérance, à la charité, à la générosité et à la providence divine, en contraste direct avec la dégradation morale suggérée par la scène. La lumière devient ainsi une métaphore de la rédemption et de la possibilité du salut, même dans les contextes les plus sombres.

L’œuvre s’inspire d’un épisode réel vécu par l’artiste durant son séjour à Paris : la rencontre avec un enfant négligé par sa mère, davantage attirée par la vie nocturne que par ses responsabilités parentales. Ce récit se mêle à la propre biographie de Mohsen Abdel qui, à seulement seize ans, partit vivre seul et trouva un soutien humain et affectif précisément auprès de ces figures féminines marginalisées que la société juge souvent sans chercher à les comprendre. Le tableau devient ainsi une réflexion profonde sur la frontière ténue entre le vice et l’humanité, entre condamnation morale et compassion.

La lumière, essentiellement artificielle et nocturne, est utilisée comme un outil de composition permettant de distinguer les différents plans et de souligner les hiérarchies visuelles. Le lampadaire délimite l’espace de l’enfant, tandis que les zones environnantes demeurent plongées dans une pénombre dense. La palette chromatique est dominée par des tons sombres et froids, ponctués d’accents lumineux et colorés qui concentrent l’attention sur les éléments essentiels.

D’un point de vue technique, l’œuvre présente une exécution picturale maîtrisée, où l’usage du pinceau alterne entre surfaces lisses et passages plus souples et nuancés. Le rendu des matériaux – tissus, peau, surfaces urbaines et lumière artificielle – repose sur des variations tonales et sur une gestion mesurée de la matière picturale, au service de la clarté narrative de l’image.

Le cadre, doté d’un passe-partout et d’une finition dorée ornée de motifs classiques, délimite l’espace de l’œuvre et renforce sa structure visuelle. Il crée une séparation nette entre la scène représentée et l’environnement extérieur, contribuant à la perception de l’image comme un ensemble autonome et achevé.